LABORRIER Jean

Prêtre

1908 : Né le 7 février à Rigny-sur-Arroux

1933 : Ordonné prêtre 10 juin

1933 : Vicaire à Chauffailles puis à Chagny

1938 : Curé de Neuvy

1941 : Curé de Perrecy-les-Forges et vicaire économe de St-Romain-sous-Versigny

1949 : Curé de Saint-Jean-des-Vignes et vicaire économe de Crissey

1953 : Curé archiprêtre de Gueugnon et vicaire économe de Vendenesse et de La Chapelle-au-Mans

1957 : Chanoine honoraire

1966 : Chargé d’Uxeau

1969 : Responsable du secteur de Digoin-Gueugnon

1973 : Aumônier du Centre hospitalier de Chalon-sur-Saône

1983 : Se retire à la Maison Saint-Antoine

1996 : Décède le 2 janvier à Autun

Le père Laborrier me l’a dit des dizaines de fois :

« C’est toi qui parleras à mon enterrement. Tu trouveras bien quelque chose à dire, mais tu n’en rajouteras pas trop ». Cette consigne si souvent reçue, je vais l’observer scrupuleusement, sauf sur un point peut-être : il est bien possible que j’en rajoute un peu, car j’ai toujours vu dans le Père Laborrier un homme et un prêtre exceptionnels.

Feuilletons le livre de sa vie qu’il a lui-même écrit et attardons-nous à trois pages qui me semblent caractéristiques de sa vitalité et de sa personnalité.

La première page, c’est le jeune vicaire à Chagny à la belle époque des patros qui, chaque jeudi et chaque dimanche, regroupaient une bonne centaine de garçons de la communale et du pensionnat des Frères, des tieulous et des calanous. Le Père Laborrier organisait de curieux matches de foot qu’il arbitrait avec d’autant plus d’autorité qu’il en connaissait bien peu les règles. Le match fini, la troupe s’engouffrait salle St-Martin pour la projection de films désopilants dont les héros étaient, invariablement, Tintin ou Charlot.

La deuxième page, c’est Gueugnon, « la plus longue étape de sa vie », disait-il. De Gueugnon je retiens l’évocation du marché du jeudi « où j’aimais me baguenauder ». Puis il pénétrait dans l’église. « Souvent une femme y entrait avec ses lourds filets garnis de provisions. Elle s’asseyait pour se reposer et parfois cassait une petite croûte en toute simplicité. Puis, la tête dans les mains, elle se mettait à prier, sans doute pour son mari, ses enfants, ses proches. Elle mettait un cierge à l’autel de la Vierge puis partait rassérénée. Ses filets paraissaient plus légers… son cœur peut-être aussi. En la voyant partir, je revoyais ma mère qui s’affairait le vendredi sur le marché de Paray. Je revoyais aussi la Vierge Marie ». Dans la simplicité de ce texte tout est dit de ce qui faisait la vie de Jean Laborrier : le marché où il rencontrait les hommes, l’église où il rencontrait Dieu, la femme aux filets trop lourds dont il a observé le comportement avec tendresse, sa maman qu’il a toujours vénérée, la Sainte Vierge qu’il a toujours priée.

La troisième page, c’est l’hôpital de Chalon où il fut constamment présent aux malades et au personnel. Les nuits de Noël sont restées célèbres : Le Père Laborrier faisait tout le tour des services, distribuant chocolats et friandises aux personnes de permanence. Et puis, je me souviens : bien souvent j’eus l’occasion de traverser en sa compagnie l’hôpital de part en part. Sur son passage, que de sourires complices, de signes d’amitié échangés, de cordialité partagée ! Chacun était son ami : le malade, l’aide-soignante, l’infirmier, le médecin. Et je me disais : « Que peut-il donc faire pour être aussi aimé ? » Ce qu’il faisait, je ne le savais qu’en partie. Mais ce qu’il était, nous le savons tous : c’était un homme de cœur.

Il avait la mémoire du cœur. Lui qui était, de son avis même, plutôt pagaïe, devenait très ordonné dans ses amitiés et relations. Il tenait parfaitement à jour un fichier de 500 noms qu’il utilisait chaque année pour l’échange des vœux. Tout ce qu’on lui apprenait de ses amis et relations était comme fiché, répertorié, jamais oublié. Sur ce registre de la fidélité, sa mémoire était étonnante.

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