DESGOUTTES Jean

Prêtre

1921 : Né le 15 mai à Montceau-les-Mines

Ecole maternelle et primaire

Ecole des Oiseaux

1931-1938 : Etudes secondaires

Institution des Chartreux à Lyon

Fac de Sciences de Lyon (Etat)

1939-1941 : Fac Lyon (Catho) (en alternance avec plusieurs séjours en sanatorium)

Eléments de formation ecclésiastique : séjours successifs et limités

1945 : Au Sana du clergé à Thorenc (Alpes Maritimes)

1945-1947 : A la Postcure des Etudiants de France, à Paris

1948-1949 : Au Grand Séminaire d’Autun

1949 : Ordination le 3 avril à la Cathédrale d’Autun

1949-1954 : Nominations successives (itinéraire entrecoupé d’avatars de santé)

Vicaire à la cathédrale d’Autun

Aumônier du collège Bonaparte

Aumônier  du couvent de Bonnay

1952 : Supérieur de la villa Sainte-Agnès

annexe ecclésiastique du sanatorium l’ORSAC, à Hauteville (Ain)

1954 : Aumônier du sana de Bergesserin

1956 : Durant neuf mois, curé de Mazille

1957 : Curé de Cluny  (archiprêtre)

Stage (en alternance) de sociologie urbaine à Paris

1967 : Curé de la cathédrale de Chalon-sur-Saône

1970-1986 : Délégué diocésain aux migrants

1970 : Organisation d’un « recyclage » de prêtres

deux sessions de 15 jours, l’une à La Louvesc l’autre à Notre-Dame-du-Laus. C’était l’époque où les évêques étaient unanimes pour mettre en œuvre les institutions du concile

1976-1986 : Habitats successifs à Chalon, Digoin, St-Gengoux-le-National

Et, finalement aux PLR des Charreaux  (Chalon) avec Henri Gérard

1978 : Animation du « groupe du 28 octobre » devenu par la suite, « Equipe associée » à la Mission de France

1986 : Démission à 65 ans : auxiliaire dans la région de Cluny. En alternance, service national de la Pastorale des Migrants, Paris

Et aussi, collaboration à l’équipe pastorale d’animation de la Ville Nouvelle de l’Isle-d’Abeau (Isère)

1996 : Retraité à 75 ans : Maison « L’Eau Vive » à La Roche-Vineuse (présence fréquente à l’IDA)

1997-1999 : En février, décès accidentel de Jean-Marie Fernez. D’où ma prise en charge exploratoire de l’ensemble des villages du nord Clunysois dont il était responsable

1999-2010 : Lyon, rue Crillon

2010-2011 : Maison de retraite (Ehpad) du Bon Pasteur à Lyon

2011 : Maison de retraite de Salornay-sur-Guye

2015 : Décède le 3 septembre

Témoins, événements qui m’ont marqué :

Les témoins d’origine et l’expérience de base : mon père et ma mère ; l’amour dont ils s’aimaient ; l’amour dont ils nous aimaient…
Et, au temps de l’adolescence, la rencontre, grâce à un camarade, d’un jeune prêtre exceptionnel, aumônier de lycée, Robert Amiet ; un vivant, passionné de Bible, de liturgie et de « sciences naturelles » (comme on disait à l’époque). Initiation enthousiaste, enracinant ma foi dans la Parole de Dieu ; m’entraînant à rendre grâce pour la Création.
Passé le temps de la maturation (alternances de sana et de fac), traversé un bref séminaire et les premières expériences pastorales entrecoupées de retour de la maladie, ma vie de prêtre a commencé en Clunisois.
Nous y avons tous été marqués par un événement majeur : Vatican II.
Au-delà, des témoins innombrables, prêtres et laïcs : tous ceux avec qui, pour un temps, pour longtemps, j’ai « fait Eglise » ; dans le diocèse d’Autun comme à Paris ou Lyon ou l’Isle-d’Abeau. Visages innombrables, parfois oubliés mais inscrits en moi en ce qu’ils m’ont modifié.
Parmi eux, Henri Gérard, fragile et passionné, avec qui j’ai vécu douze ans aux Charreaux; et, avec lui, ceux du « groupe du 28 octobre » et de la Mission de France.
Aujourd’hui l’aventure continue…
Béni soit celui qui  m’a fait signe sur le chemin par de telles amitiés !

 

Nécrologie de Jean Desgouttes par Paul Bernardin

Croyants ou non, chaque fois que l’un des nôtres s’en va, c’est une part de nous-mêmes qui nous est enlevée, une présence qui nous manquera, une conversation qu’on ne pourra plus entretenir, une sympathie dont nous serons désormais privés.
Jean a été pour moi de très longue date un ami particulièrement précieux. Je dois plutôt dire que c’est lui qui m’a fait profiter de son amitié bienveillante et fidèle, de grand aîné. Je suis loin d’être le seul à lui en être redevable. Et pourtant Dieu sait à quel point nous étions différents !
Je me demande: ce prêtre de notre diocèse, toujours attiré vers Lyon depuis ses études, a-t-il été reconnu et apprécié à sa réelle valeur, qui était grande? À preuve l’attachement profond qu’il a suscité chez de multiples gens très divers, tout au long de son long parcours tourmenté, y compris par une santé éprouvée.
Vous êtes là, tous et toutes, pour en témoigner ensemble !
Nous sommes nombreux tout de même à avoir trouvé Jean Desgouttes extraordinaire !
D’abord au sens de pas ordinaire, original, pas classique, inimitable, indépendant. Mais aussi au sens de remarquable, supérieur, digne d’admiration. Selon moi, Jean était de l’espèce nomade. Les sédentaires patientent, s’enracinent, s’accrochent au terrain, résistent au vent et à la tempête: ils sont hommes de tradition et de fidélité. Le nomade ne tient pas en place, toujours en mouvement, jamais satisfait, toujours en recherche, inventif, à l’affût de la nouveauté : il est homme d’audace et de progrès.
Très souvent arrivé en retard, Jean repartait fréquemment avant la fin pour aller ailleurs, où il avait encoreà faire le même jour. Il illustrait pour moi cette réplique de Jésus aux gens de Capharnaüm qui voulaient le retenir et l’empêcher de les quitter : Aux autres villes aussi je dois annoncer la bonne nouvelle du Royaume; c’est pour cela que j’ai été envoyé! » (Lc 4,42-43)
Pour tout dire, je considérais Jean comme un prophète, souvent déjà à l’étape suivante, en avance sur son entourage et sur son temps, ayant l’intuition de l’avenir qu’on n’imaginait pas encore, et à cause de cela déroutant au point d’agacer.
Pas toujours pris au sérieux par les collègues qui pouvaient s’en amuser entre eux, ni par les responsables, qui n’estimaient pas devoir lui confier un poste d’autorité, auquel il ne tenait d’ailleurs pas. Un de nos évêques le classait, avec René Berthier, parmi « les deux ou trois prêtres, dont on ne sait que faire dans undiocèse… » disait-il. Dans le trio biblique, le roi est rarement prophète; mais le prophète ne fait pas nécessairement un bon roi. Mieux vaut le savoir !
Jean doutait peut-être lui-même de la crédibilité de ses pressentiments et de ses suggestions. Il avait un jour rédigé une lettre à l’évêché sous la forme alternative d’une question de la Somme Théologique de saint Thomas d’Aquin : en présentant d’abord les objections possibles, avant de formuler les arguments favorables.
Au risque de donner à croire à un canular d’étudiant, et de desservir la cause qu’il voulait plaider.
Il faut se rappeler qu’à un moment la famille de Jésus voulait le ramener à Nazareth, craignant qu’il n’ait « perdu la tête » (Mc 3,21). On doit penser aussi à ce qu’écrivait saint Paul aux Corinthiens: « Ce qui est folie de Dieu est plus sage que les hommes, et ce qui est faiblesse de Dieu est plus fort que les hommes ! » (1 Co 1,25)
Bien longtemps avant la pénurie actuelle, Jean préconisait déjà de ne pas nommer un nouveau curé résidant à Buxy. Mais de confier la paroisse à une petite équipe locale, qu’un prêtre itinérant visiterait régulièrement, à la manière de Saint Paul. C’est ce qu’il souhaitait mettre en oeuvre, je crois, plus tard aux environs de Cluny, après la mort tragique de Jean-Marie Fernez.
Curé provicaire à Saint Vincent de Chalon, il se proposait comme simple aumônier au Centre de Sevrey. Il allait ensuite vivre plusieurs années sans charge de paroisse au quartier des Charreaux à Chalon avec Henri Gérard. Il quittait même le diocèse pour participer à la pastorale nouvelle de L’Isle d’Abeau à l’est de Lyon. Ne supportant pas le régime hyperprotégé de la maison de retraite à Lyon, il revenait à Salornay il y a 4 ans, dans ce Clunysois, resté toujours cher à son cœur.
Parallèlement Jean visitait les Portugais qui arrivaient dans le département, parlant leur langue et accueillant leurs traditions différentes, pour qu’ils s’insèrent à leur façon dans nos paroisses. Avec la Maison familiale rurale de Charly, il suggérait aux Carmélites de Chalon de venir s’établir en pleine campagne à Mazille, qu’il recommandait comme « le plus bel endroit du monde ! »
Il se préoccupait des prêtres du diocèse qui préféraient vivre en quartier pour mieux partager la vie quotidienne des gens: il y voyait un signe possible de l’Esprit, et nous proposait de constituer, avec quelques religieuses et plusieurs couples laïcs, une équipe diocésaine associée à la Mission de France.
Et – ce à quoi on ne se serait peut-être pas attendu – Jean témoignait d’une confiance assez exceptionnelle, sans cesse renouvelée, au ministère de l’évêque avec son presbyterium, en multipliant les courriers, les suggestions, les encouragements à l’évêché.
Il faudrait surtout parler de sa passion constante, jusqu’à ses toutes dernières années, non pas seulement pour lire, mais pour faire lire la Bible en petit groupe.
Pour que chacun puisse exprimer ce qu’il y découvrait. Il ne comprenait pas qu’on puisse se dire chrétien sans vouloir se réunir à l’écoute de l’Évangile. Bien avant que cela ne soit recommandé officiellement, par Benoît XVI avec le Synode romain d’octobre 2008, Jean nous a ainsi donné un exemple convaincant de « déployer tous nos efforts pour que la Parole de Dieu apparaisse à chacuncomme une ouverture à ses problèmes, une réponse à ses questions, un élargissement des valeurs, et en même temps une satisfaction apportée à ses aspirations » Exhortation apostolique Verbum Domini – 30 septembre 2010 – (n° 23)
Dieu soit loué de nous avoir donné si longtemps Jean Desgouttes. Pour sa part, il a reflété pour nous quelque chose du Christ vivant !

Paul Bernardin

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écrites en 2012 par Jean Desgouttes

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