COLLAUDIN Marcel

Prêtre

1930 : Né en janvier à La Clayette

1942 : Entre au Petit Séminaire de Rimont.

1948-1950 : Séminaire du Prado à Limonest

1951-1952 : Service militaire

1952-1954 : Grand Séminaire d’Autun

1954 : Ordination sacerdotale le 21 décembre à La Clayette

1955 : Janvier à septembre vicaire à la cathédrale d’Autun

1955-1962 : Vicaire à La Madeleine à Tournus

1962-1963 : Noviciat du Prado à Saint-Fons

1963-1970 : Aumônier diocésain CMR, ACGH

1970-1973 : Curé de Saint-Gengoux-le-National (avec séjour au Vietnam octobre 70 – février 71)

1973-1975 : Vicaire général

1975-1988 : Vicaire épiscopal au Creusot

1988-1989 : Curé de Givry

1989-2000 : Curé de Chagny

2000 : Auxiliaire à la Sainte-Trinité-en-Bresse (Saint-Martin)

Aumônier diocésain MCR. Exorciste

«Connaître Jésus-Christ, c’est tout. »  (Antoine Chevrier)

Comment être prêtre sinon à la manière de Jésus à connaître toujours davantage ?

Ministère particulier : service de l’Exorcisme

Parler de l’exorcisme, c’est pénétrer dans un monde trouble, obscur, où se vivent bien des souffrances de toutes sortes. Un monde où les croyances irrationnelles abondent : astrologie, voyance, magie, phénomènes paranormaux… Un monde où existent des maladies psychiques diverses (schizophrénie, névroses…). Un monde où se sont implantées des « professions » de toutes sortes (voyants, guérisseurs, magnétiseurs…) : il est reconnu que, en France, 40.000 voyants, magnétiseurs exercent, générant un chiffre d’affaires trois fois supérieur à celui de la médecine généraliste. Un jour, un homme en recherche de « retour d’affection » de sa compagne qui l’avait quitté s’est vu demander 25.000 francs ; un couple qui avait des problèmes téléphonait à un magnétiseur qui leur donnait des gestes à faire, tout ceci pour la somme de 8.000 francs. Lorsque l’on souffre, on ne sait « à quel saint s’adresser » et… certains savent en profiter.

Ce monde trouble est aussi celui de l’astrologie (pour conjurer la peur de l’avenir) et des croyances diverses (sectes, Nouvel Age…) Il est encore marqué par la croyance en la magie où certains veulent manifester leur soi-disant « toute-puissance » en générant la peur chez d’autres.

Il convient de citer aussi les sectes sataniques qui communiquent sur Internet. En plusieurs pays, des groupes de chanteurs produisent des clips violents, antichrétiens. Existe même « l’Eglise de Satan », née aux USA, qui s’est divisée : les uns voyant Satan comme une personne, les autres comme le symbole du Mal. Les concerts de ces groupes drainent un nombre important de jeunes. Chez eux, peut-être une certaine fascination du mal, le rejet d’un monde difficile à vivre… Pour beaucoup, ce peut être seulement un temps de « remise en question » ou de recherche de soi, mais cela peut toujours laisser des traces. Il y a parfois des passages à l’acte, comme la profanation de tombes, des incendies de chapelles avec le tag de la croix à l’envers et, plus grave, l’assassinat d’un prêtre de 33 coups de couteau. Jusqu’alors, je n’ai pas eu à faire avec des adeptes de ces sectes.

Des émissions de télé sur l’exorcisme ou les phénomènes paranormaux font croître la peur et l’angoisse. Après de telles émissions, les demandes de rendez-vous augmentent. Sur la « toile », on trouve aussi toutes sortes de sites, de renseignements et certains viennent avec des « informations » plus ou  moins bien « digérées ».

Pourquoi ce regain de peur, d’irrationnel et donc la croissance des demandes ? Les causes en sont multiples : un monde trop rationnel et matérialiste qui ne répond pas à des questions fondamentales, auxquelles des groupes prennent en compte ? Un monde incertain où la peur de l’avenir grandit ? Un monde façonné par l’homme et où la foi en Dieu s’étiole ou disparaît : dès lors, plus de point fixe dans la vie personnelle et collective… Dans ce monde, le ministère de l’exorcisme n’est pas prêt de disparaître.

Dans le diocèse d’Autun, c’est le P. Bernard Lambey qui a été le premier exorciste, à la demande de Mgr Lebrun, en 1955. A cette époque, ce ministère était très rare et il avait quelquefois à répondre à des demandes qui venaient de loin. Avec lui, sont nées des rencontres nationales d’exorcistes qui sont, maintenant, prises en charge par la Conférence des Evêques de France. Gérard Dufour a succédé à B. Lambey en 1991 et, depuis 2003,  je remplis ce ministère.

Qu’en dire ?

Tout d’abord, je le remplis volontiers parce qu’il me met en relation avec des personnes qui souffrent et qu’il est le lieu d’une « évangélisation » : présenter le visage de Dieu tel que Jésus nous le fait connaître dans sa parole et sa vie.

Beaucoup de demandes viennent de personnes qui rencontrent une série d’épreuves et en recherchent les causes. Assez souvent, des voyantes, après les avoir écoutées, les persuadent qu’ils sont l’objet d’un sort jeté, que telle ou telle personne (dont ils ont parlé) les « travaille ». Parfois, il est question de poupées et d’aiguilles, de vaudou, de sorcellerie gitane. Souvent alors, je raconte cette rencontre avec cette dominicaine, venue au pèlerinage diocésain de Lourdes ; elle était professeure dans un lycée au Bénin ; elle a dit à des jeunes du diocèse : « Un jour, des étudiants m’ont dit : « Sœur, le Christ nous a libérés de la peur des sorciers » ; lesquels n’hésitent pas à empoisonner des gens pour maintenir les autres sous le régime de la peur… Nous parlons de tout cela et prenons un temps de prière. La plupart s’en vont pacifiés et, quelquefois, téléphonent pour le dire.

Il y a aussi ceux qui se croient l’objet d’une punition de Dieu. Un homme, pour l’amour d’une musulmane était devenu musulman et allait à la mosquée (où, disait-il, il était très mal accueilli) ; la rupture avec cette femme l’a fait revenir vers Dieu qu’il allait prier à l’église ou chez lui. Ou encore, cette jeune femme, née de fille-mère, elle-même fille-mère, qui ressentait un poids qui l’écrasait.

Après un long dialogue, à eux, comme à d’autres, je propose le sacrement du Pardon pour révéler le vrai visage du Père.

Il y a aussi des personnes qui ressentent un mal-être et se demandent si l’esprit mauvais n’est pas en eux. Il faut alors leur dire que Celui qui les habite c’est leur Créateur et que, là où il est, l’esprit mauvais ne peut pas être. Les tendances au mal leur sont bien propres et Jésus l’a fait comprendre lorsqu’il dit que c’est tout le mal qui sort de notre cœur qui rend « impur ». Alors, il s’agit de retrouver une relation plus vivante avec Jésus ou reprendre avec plus de fidélité un appel reçu (le second appel de Pierre après la Passion).

Quelques personnes viennent aussi pour parler à un prêtre, ne sachant pas toujours à qui s’adresser et cherchant aussi plus d’anonymat.

Il y a aussi des personnes en plein délire : telle cette femme qui annonçait une apocalypse prochaine (elle ignorait que c’était un livre de la Bible) comme message reçu de Dieu pour le monde entier… Elle avait réduit elle-même ses médicaments et a été hospitalisée peu après. Comme elle, des personnes, atteintes psychiquement, viennent demander une guérison. Le domaine de l’exorcisme est celui de la foi : retrouver la présence de Dieu en nous et avec nous ; sortir des « mensonges » qui sont le fruit de Satan, père du mensonge… Avec tous, il y a toujours le temps de la prière et d’une bénédiction avec imposition des mains. Il arrive d’avoir à conseiller des personnes de s’adresser à des professionnels de la psychologie ou de la psychiatrie pour faire un peu de lumière en eux.

Il est aussi des cas plus problématiques : telle cette jeune de la Réunion, en vacances dans la région qui a fait une crise au moment de la prière. Ou cette jeune femme, venue avec son compagnon. Elle dit avoir reçu déjà quatre fois l’exorcisme, mais elle ne se sent toujours pas bien. Elle dit avoir compris des chants espagnols alors qu’elle n’a pas appris la langue et avoir découvert une nouvelle sur une personne sans que personne ne lui ai dit… Ces traits faisaient partie des critères pour discerner s’il y avait une « possession ». Qui lui a dit ? Le prêtre qui a fait l’exorcisme ? Internet ?

Nous parlons et prions. Au moment où je lui demande son prénom pour la prière, elle me regarde fixement et répond « Satan ». Elle sort un instant avec son ami pour « souffler » et revient très calme. Elle pensait recevoir l’exorcisme. Je lui lis alors quelques lignes des préliminaires du Rituel qui demande une extrême prudence avant de prier l’Exorcisme et même de solliciter l’avis d’un psychiatre chrétien et l’autorisation de l’évêque. Elle dit : « J’ai dit à mon ami que ce devait être à cause de cela que vous ne m’avez pas exorcisée ». A son départ, elle me dit qu’elle donnera de ses nouvelles. Je n’en ai pas eues. Possession ? Simulation ?… Aucune certitude.

D’autant que je constate les dégâts causés par ceux qui voient le démon partout. Un couple de la quarantaine, lui artisan, est venu : ils dorment mal, digèrent mal. Un prêtre leur avait dit qu’ils étaient liés à Satan… Depuis ils vivaient mal et se sentent libérés quand je leur dis ne pas voir de signes de cette infestation. Satan, menteur et père du mensonge, fait vivre dans la peur. A la différence de Dieu qui, lors de rencontres avec quelqu’un, commence toujours par dire « N’aie pas peur » « Sois sans crainte ». Souvent, j’utilise l’image de saint Augustin qui comparait le démon à un chien méchant, mais, depuis que Jésus est venu, il est attaché. A chacun je donne un livret de prières que beaucoup disent utiliser souvent et même chaque jour. Un pas peut être fait ainsi sur le chemin du Royaume.

Marcel Collaudin

Personnes

Evêques
Prêtres
Diacres
Gens de l’ombre

Filtrer par nom ou par mot clé :

Groupes

Communautés Religieuses
Laïcat

Filtrer par nom ou par mot clé :