AUCLAIR Claude-Marie

Prêtre

1934 : Né à Beaubery le 19 avril
1946 : Entre au Petit Séminaire de Semur-en-Brionnais
1953 : Entre au Grand Séminaire d’Autun
1955-1958 : service militaire dont 12 mois en Algérie
1960 : Le 17 décembre ordonné prêtre
1961 : Envoyé comme vicaire à Gueugnon en janvier
1965 : Envoyé à Chalon-sur-Saône à la paroisse du Sacré-Cœur
1980 : Envoyé à la paroisse de Saint-Pantaléon près d’Autun
2001 : Se retire à Blanzy

Enfant de la terre : je suis né à Beaubery le 19 avril 1934. Deuxième enfant et premier garçon d’une fratrie de sept (quatre sœurs et deux frères). Nos parents étaient de petits agriculteurs.

Une question qui, un jour, m’a dérouté : J’avais 12 ans quand le Père Marmorat, alors curé de Beaubery m’a posé cette question : « Claude-Marie as-tu pensé devenir prêtre un jour ? »… Ma réponse a été claire « Non, jamais! »

Mon père m’avait déjà appris à piocher, à tenir la charrue ou tourner le brabant, à semer à la volée, à tenir la faux et à lier les gerbes à la main… Mon avenir c’était la terre !

Mais cette question allait devenir en moi comme une « semence ».

Temps d’étude et de recherche

En 1946, j’entre au Petit Séminaire de Semur-en-Brionnais. Peu à peu, aidé par des prêtres professeurs, j’accueille la « question de mon curé », entendue à 12 ans, comme un « appel ».
En 1953, j’entre au Grand Séminaire d’Autun.

Épreuve de la guerre

En décembre 1955, je troque ma soutane contre une tenue militaire ! 25 mois sous les drapeaux (décembre 1955 à janvier 1958) dont 12 mois en Algérie, dans une compagnie opérationnelle en Grande Kabylie (janvier 57 à janvier 58).
Première plongée en pays étranger avec les horreurs d’une guerre qui, à cette époque, ne voulait pas dire son nom. Il y a des regards de prisonniers et des cris de torturés que je ne peux oublier. Pendant 40 ans, j’ai gardé le silence sur cette période de ma vie. Mais j’ai compris que l’on ne peut pas écraser par la force, un peuple qui lutte pour sa liberté : tôt ou tard, il l’obtiendra.

Ordination et premiers terrains de mission

Le 17 décembre 1960, je suis ordonné prêtre à la cathédrale d’Autun, par Mgr Lebrun.
En janvier 1961, je suis envoyé comme vicaire à Gueugnon. Moi, fils de paysan, me voilà en terre in-connue, auprès de gens d’un autre milieu qu’il me faudra apprendre à connaître et à aimer. Quelques personnes de mon village apprenant ma nomination à Gueugnon m’avaient dit : « On te plaint, là-bas c’est des ouvriers ! ».
Appelé et accompagné par des prêtres travaillant déjà avec les Mouvements d’Action Catholique, particulièrement la JOC, je commence à réunir quelques jeunes, à écouter et à prendre au sérieux ce qu’ils disent de leur vie et de leurs relations avec les autres.
Je commence à comprendre ce que veut dire « un jeune travailleur vaut plus que tout l’or du monde ».

Le grand souffle du Concile 1962

Le Concile a été vraiment un grand événement : l’Eglise  « Peuple de Dieu » pouvait prendre un nouveau visage. Avec l’espoir d’une Eglise « Servante et Pauvre », on découvrait une Eglise appelée à être da-vantage à l’écoute des tristesses et des angoisses, des espoirs et des joies de tous les peuples.
En 1965, je suis envoyé à Chalon à la paroisse du Sacré-Cœur. Je découvre et commence à travailler avec l’ACO.
Arrive « mai 68 »… Je vis avec des militants que je connais mes premières manifs ; je découvre l’importance des organisations ouvrières. A travers les révisions de vie, j’apprends à faire le lien entre les engagements, petits ou grands, que l’on peut avoir et la foi en Dieu. Oui, on peut être ouvrier et chrétien !
Je travaille également en lien avec la JOC. Les grands rassemblements à Paris : (Paris 67, Objectif 74, etc.) donnent un dynamisme formidable à ceux et celles qui y participent.
Durant quelques années, je serai détaché pour être entièrement au service des Mouvements d’Action Catholique : aumônier fédéral sur la Vallée de la Saône pour la JOC, aumônier de secteur pour l’ACO sur Chalon-Chagny.
En 1980, je suis envoyé à la paroisse de St-Pantaléon près d’Autun. Je vis le travail d’un « curé ». J’essaie de donner quelques responsabilités à des laïcs… Je loge en HLM.
Je découvre une communauté portugaise assez vivante. Une équipe portugaise démarre en ACO… des jeunes Portugais découvrent aussi la JOC.
Une sixaine d’années plus tard, Mgr Le Bourgeois me demande d’accompagner les Mouvements d’Action Catholique sur la Vallée de la Saône. Je vais sur Mâcon. Je loge à la cure de St-Clément puis en HLM sur le quartier des Blanchettes .
Je suis appelé comme aumônier du secteur ACO de Mâcon-Tournus, puis aumônier diocésain et aumônier régional. Pendant six ans, j’ai travaillé avec la CNA (Commission Nationale de l’Aumônerie)… J’ai eu la chance de travailler avec des laïcs en responsabilité et de participer à des temps forts du Mouvement …
En 2000, avec la mise en place des « grandes paroisses », j’ai participé un peu plus à un travail parois-sial sur Mâcon-Centre puis sur la paroisse St-Étienne.

Temps de la retraite

Après de gros pépins de santé en 2001, j’ai demandé à prendre ma retraite un peu plus tôt. Je me retire à Blanzy. Un second gros pépin de santé en septembre 2011 vient me rappeler que mes forces physiques ont des limites. L’Espérance qui m’habite encore aujourd’hui, a traversé tous les âges de ma vie !

Elle est enracinée dans mes origines de « fils de la terre ». J’avais à peine 12 ans lorsque mon père m’a appris à « semer à la volée » c’est-à-dire à jeter la se-mence d’un geste large et précis, au rythme de mes pas « d’enfant de la terre ». Je savais très bien que tous les grains qui glissaient entre mes doigts, ne lèveraient pas tous. Mais à cause de la « fidélité » de mon père pour recommencer chaque année son geste de semeur, à cause de la « confiance » qu’il avait en « sa terre », j’avais compris que l’espérance de la récolte était déjà dans son premier geste pour jeter encore et encore la semence.

J’avais compris peu à peu que le temps des semailles, même avant les froids, annonçait déjà le temps de la moisson et que l’hiver, avec les jours qui baissent, pouvait être encore le « berceau de la vie ». Ce temps de l’hiver, loin d’étouffer toute vie, n’est peut-être que le « temps du silence » nécessaire à toute « fécondation », à toute « incarnation ». Chercher « l’espérance au creux de l’hiver », c’est peut-être « folie » ! « Folie » de la vieillesse, peut-être ! « Folie de la sagesse », peut-être ! Mais si c’était simplement « folie de la foi » en ce Semeur sorti pour jeter à la volée sa semence d’amour. Folie de ma foi en ce Dieu présent à toutes les saisons et à tous les âges de nos vies.

Je crois aussi en les épreuves traversées, les questions et les doutes qui m’ont travaillé. Je crois qu’à travers toutes les confidences reçues et les partages en profondeur vécus avec les uns ou les autres, j’ai appris que la richesse d’une vie, que la grandeur de quelqu’un ne se réduisent pas à ce que l’on peut savoir de lui ou à ce qu’il peut nous laisser deviner de sa vie, de son cœur.
Je crois qu’au fond de chacune et chacun, il y a toujours un « secret », un « mystère » : le mystère du cœur, le mystère de la liberté, le mystère d’une « rencontre d’Amour » peut-être… qui sont « chemin de la Rencontre » que Dieu vit avec chacune et chacun. Il restera toujours « fidèle » même sur nos « chemins de traverse ». Celui qui nous appelle.

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