Historique du pensionnat Sainte-Marie de Chagny

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Petits freres Chagny

 

Voici une partie du texte écrit
d’après les bulletins annuels des anciens élèves

L’école a été fondée en 1862, par M. l’abbé Cazet, curé de Chagny, qui a fait appel à la compétence et au dévouement des frères maristes pour mener à bien la nouvelle fondation.
Les débuts ont été très humbles et très difficiles, car un local exigu situé rue de la Ferté ne pouvait recevoir qu’un petit nombre d’externes. Dès la fondation, pour aider l’œuvre, un secours annuel est accordé par M. le comte de Wall ; le secours ne cesse qu’après la mort de la comtesse.

En 1864, l’Institution des Petits Frères de Marie fondée par Marcellin Champagnat, détacha quelques frères pour ouvrir à Chagny une école libre pour l’éducation et l’instruction des garçons. L’installation eut lieu à l’angle de la rue du Bourg et du boulevard de la Liberté, dans un immeuble appartenant à M. le Curé de Chagny. A cette époque existait déjà à Chagny une congrégation religieuse s’occupant de l’éducation des jeunes filles : les « Sœurs de la Présentation de Marie » installée dans les dépendances du vieux château de Chagny, aujourd’hui complètement détruit.
Jusqu’en 1875, l’école fut un externat, composé d’abord de deux classes, puis de trois. Il y eut jusqu’à 150 et même 180 enfants.

En 1878-1879, l’école des frères maristes était située place du Théâtre, à la place de l’école laïque ( actuellement). Le prêtre de l’époque, le curé de Musy, homme distingué et clairvoyant comprenant très vite l’importance que devait revêtir à Chagny la présence des Petits Frères de Marie, acquiert le terrain de l’ancien château de Chagny, et fait construire l’important immeuble que nous connaissons aujourd’hui..

Les travaux furent menés rondement. Une équipe de 30 à 40 tailleurs de pierres débitait et façonnait les blocs bruts, qui arrivaient par voiture des carrières de Fontaines et Meursault. Malgré un hiver très rigoureux (1879-1880) le travail arrêté pendant cette période devait bientôt se terminer pour recevoir les élèves à la rentrée 1880-1881.

Les sœurs possédaient alors une école située à l’emplacement de la chapelle actuelle du pensionnat, la directrice en était sœur Marie-Anna. Elles quittèrent alors ce lieu pour occuper les locaux laissés vacants par les frères, place du Théâtre.

Le pensionnat a été un heureux complément de l’œuvre, lequel s’installa dans le superbe bâtiment construit par M. l’abbé de Musy, alors curé de Chagny. La bénédiction de la première pierre, faite par Mgr Perraud eut lieu le 19 mars 1879 et dix-huit mois plus tard, le 4 août 1880 avait lieu l’inauguration. Toutefois, ce n’est qu’en octobre que se fait l’installation définitive du pensionnat Sainte-Marie. L’immeuble avec toutes ses dépendances et la vaste propriété de 31.350 m2 ont été acquis par l’institut en 1897.

En 1894, le pensionnat, de fondation récente, faisait, pour la première fois, le « plein » comme élèves internes.
En octobre 1894, à nouveau, les écoles purent fonctionner, mais il ne fallait pas penser ouvrir un internat, Chagny, pour les pays voisins demeurant en quarantaine. C’est alors que le directeur, ne laissant à Chagny, qu’un externat, décida de transporter le pensionnat à Saint-Léger-sur-Dheune. L’épidémie chagnotine s’apaisait. Aussi, le 9 juin 1895, le pensionnat au complet débarquait en gare de Chagny.

Des cours spacieuses et de frais ombrages constituent en 1896 la propriété de la Congrégation des Frères Maristes.

Les épreuves n’ont pas été épargnées à l’école.
La loi du 1er juillet 1901 relative aux contrats d’association, vient alors porter un coup terrible à la liberté d’enseignement. Les législateurs de l’époque, par loi du 7 juillet 1904, suppriment purement et simplement l’enseignement congréganiste.

Ainsi, en 1903, l’école a failli sombrer par suites des lois spoliatrices des biens des congrégations.

Le liquidateur nommé, au cours de l’année 1906 mit en vente les biens de la congrégation à la barre du tribunal civil de Lyon.

Mais deux grandes chrétiennes de Chagny, les demoiselles Symphorienne et Marie Billoux, ne pouvant se résigner à cette disparition, hypothèquent tous leurs biens, et par l’entremise d’une société légalement constituée, vont procéder au rachat de l’immeuble et de toute la propriété pour la somme de 140.000 francs. Afin de sauver une œuvre édifiée par plus de 40 ans d’efforts, le frère Augustin-Joseph (Desplaces), alors directeur, et tous ses collaborateurs endossèrent un costume civil.

L’année scolaire 1903-1904 fut donc marquée à Chagny et partout, de retentissants procès qui constituaient une abondante matière et un régal pour la presse de gauche. Celui du pensionnat Sainte-Marie se déroule dans les circonstances qu’il faut signaler. A la tête de son vaillant personnel, frère Augustin-Joseph lutte, se cramponne à son droit qui est en somme un devoir. Ses réparties ou celles des témoins à décharge, ironiques, cinglantes, suscitent l’hilarité parmi les auditeurs des salles d’audience, la gêne ou la honte parmi les juges. Finalement, le procès aboutit à une condamnation et à la fermeture de l’établissement.

Pour éviter cette dernière et désastreuse conséquence il est fait appel au dévouement et à l’abnégation du F. Bernard (Joseph Maillet), originaire de Chagny et alors directeur de l’école libre d’Ecully (Rhône).
Le nouveau directeur auquel on adjoint un personnel sécularisé, héritait d’une situation difficile en raison du désarroi général. Aussi va-t-il connaître trois années pénibles – réduction très sensible du nombre des internes, diminution aussi des externes. Un nouveau directeur est nommé F. Marie-Eugénien (Claude Moraillon).

Mais voilà un autre événement inattendu pour la plupart des Français : la Grande Guerre de 1914.

Le pensionnat est réquisitionné et l’immeuble entier est occupé, à l’exception de quatre chambres laissées à la disposition des maîtres, ainsi que les trois classes de l’annexe. Il devient « l’hôpital temporaire n° 30 ».
Mais voilà un nouvel ennui : le dimanche matin 18 juin 1915, un incendie dû à l’imprévoyance des organisateurs de l’hôpital, se déclare, et la moitié des l’immeuble est la proie des flammes. Les 2e et 3e étages sont détruits.

En septembre 1920, Le frère Antidius (Pierre Joubert) directeur du pensionnat de Decize ( Nièvre) est nommé à Chagny. Il arrive avec quelques membres de son personnel et organise les cours préparatoires à l’Institut Catholique d’Arts et Métiers de Lille (ICAM).

Des élèves intègreront les grandes écoles : Ecoles des Mines, Polytechnique, Centrale ou autres grands établissements. Sous sa direction et le concours d’excellents professeurs, le nombre des internes va croissant pour atteindre et dépasser bientôt la centaine. Hélas, dans le courant de mai 1924, frère Antidius, déjà âgé, décédait presque subitement. Frère Polyeucte (Marcel Chambouvet), sous-directeur, lui succéda. Il était jeune, dynamique, très apprécié du personnel et des familles, mais présumait trop de ses forces. Aussi, cinq ans plus tard (juin 1929), il était, le jour même de la réunion des anciens élèves, terrassé par une attaque d’apoplexie et mourait le lendemain. Il fut remplacé, en septembre 1929, par le F. Claude-Pierre (Germain Couffinhal) qui, durant dix-sept années, assura la direction et la prospérité du pensionnat.

Mais un grave et nouvel événement, la guerre de 1939-1945, va lui créer de multiples ennuis.

L’établissement connaît l’occupation des troupes allemandes. Le pensionnat est de nouveau réquisitionné comme hôpital et il faudra faire de nombreuses démarches auprès des autorités militaires pour obtenir la jouissance des trois classes de l’annexe, de l’atelier, de la chapelle et du préau.

C’est la débâcle de 1940. Dès le 10 juin, nous voilà envahis par les Allemands qui, trouvant le lieu tout à fait à leur convenance, s’installent au mieux. Ils nous laisseront cependant l’usage des dépendances que nous occupons et, durant cinq ans, nous jouirons de leur compagnie, pas toujours agréable.

Le mois de septembre 1946 marque le départ de frère Claude-Pierre qui assurait la direction depuis 1929 et l’arrivée de son successeur, le frère Victor-Gabriel (Martin Francis). Six années vont s’écouler et l’année 1952 verra le retour du frère Claude-Pierre pour une nouvelle période sexennale. Le frère Jules-Henri (Hilaire Détraz) remplace le frère Claude-Pierre. Mais le frère Jules-Henri est nommé Provincial de la province mariste de Varennes. C’est le frère Victor-Gabriel qui reprend la direction. Cette période est marquée non seulement par la paix retrouvée après de dures années d’épreuves, mais aussi par la prospérité du pensionnat Sainte-Marie qui compte près de 300 élèves.

Grande animation ce dimanche 13 juin 1965 au pensionnat Sainte-Marie. L’Assemblée annuelle des anciens élèves se réunissait ce jour-là pour commémorer le centenaire de la fondation de l’Ecole des Frères dans la paroisse et procéder, sous la présidence de Mgr Hermil, à la bénédiction et pose de la première pierre d’un nouvel immeuble scolaire.
Appel en faveur de la souscription ouverte pour la construction du nouvel immeuble scolaire adressée aux anciens élèves, parents d’élèves, amis et bienfaiteurs. Le devis – 140 millions d’anciens francs – constituant une lourde charge pour la direction, une souscription a été officiellement ouverte le dimanche 13 juin par le président de l’amicale.

Exactement 334 élèves dont 216 pensionnaires, 52 demi-pensionnaires et 66 externes repartis en 146 collégiens et 188 élèves en primaire.
Et d’évoquer la figure des ses anciens maîtres dont dix frères : Noël (intendance) ; André (surveillance) ; Régis (jardin, vigne, verger…) ; Spiridion (chorale) ; Salvador (directeur-professeur) ; Louis (comptabilité-professeur) ; Maurice et Marcel (en primaire) ; Alain (surveillance-professeur) ; Jacques (professeur d’anglais). Et d’autres collaborateurs : M. Gillot (surveillance en primaire) ; Mlle Cadot ( secrétariat) ; M. Sarron depuis 1956 ; M. Chaudat depuis 1946 ; Mlle Bonnet ; M. Nicolle ; M. Meyer, M. Louis (EPS) ; à la cuisine, Mlle Monnot.

Quant aux résultats aux examens trente-neuf admis au Certificat d’Etudes et au brevet onze élèves reçus sur quatorze présentés.

Grande et belle journée, ce dimanche 12 juin 1966, qui voyait, au cours de la réunion annuelle des anciens élèves, Mgr Vachot, vicaire général et le frère Louis Martin, assistant du supérieur général de la Congrégation Mariste, inaugurer les nouveaux locaux du pensionnat Sainte-Marie.

Lors de l’assemblée générale du 7 juin 1970 est évoquée la transformation du pensionnat de garçons en école mixte. Cette mixité aura lieu progressivement.

Echos du 4 juin 1967

Jour de liesse, le dimanche 4 juin, pour le pensionnat des Frères à Chagny, leurs anciens élèves et les parois-siens auxquels Mgr Le Bourgeois, évêque du diocèse depuis1966, faisait l’honneur de présider la réunion annuelle de l’assemblée fraternelle des anciens élèves.

L’homélie fut donnée par Mgr qui se plut à souligner le rôle primordial de l’enseignement chrétien et les responsabilités des anciens élèves de l’Ecole Libre, dans l’Eglise d’après-concile.
A l’issue de la célébration, le cortège se rendit dans la grande cour du pensionnat pour assister à la remise de médailles de la reconnaissance diocésaine à deux dévoués auxiliaires des frères : Mlle Marie Cadot et M. Constant Gillot.

L’orateur conclut : « Dans ce siècle industriel où tout se pèse, tout se compte, tout se mesure ; en face de cet esprit positif et réalisateur, tyrannisé par son souci d’efficacité permanente, il faut des témoins des valeurs chrétiennes oubliées. Vous êtes de ces témoins, Mlle Cadot et M. Gillot. Vos vies ont été marquées par la gratuité et le désintéressement. Elles l’ont été par l’amour. Puissions-nous, Mesdames, Messieurs, comprendre la leçon et suivre l’exemple car, demain Dieu aura encore besoin des hommes ».
Un vin d’honneur fut servi sous les arcades de l’ancien « château » suivi d’un banquet qui rassembla deux cents convives et invités.

La Communauté des Frères, composée de plus en plus de Frères à la retraite, reste le soutien spirituel et matériel de l’établissement, l’institut ayant la charge de la tutelle.

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